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A
l'évidence, Champieux n'est pas un peintre abstrait. Seul un
regard désinvolte et superficiel le laisserait croire et le
rendez vous serait manqué.
Si
la méprise peut exister, c'est parce que dès
l'abord on est saisi par le mouvement emprisonné dans
l'espace clos de la toile et qui pourtant la déborde, comme
s'il parvenait là sous l'effet d'une mystérieuse
force centripète.
Il
y a la matière et la couleur de ces équilibres.
Lorsque les ocres dominent, c'est de gangue dont il s'agit, protection
grossière d'une gemme qui finit par se
révéler dans son immobilité fragile.
Le regard s'obstine sur l'équilibre apaisant de ce coeur
pour ne pas reparttir dans le mouvement. Il y trouve la
sérénité, la chaleur, la tendresse
d'une palette qui caresse un corps. Il y a chez Champieux de l'intime,
un érotisme aristocrate et altier. On s'y absorbe.
C'est
une oeuvre que présente Champieux, parce qu'il est un
artiste. Il nous entrîne dans les variations d'une
même quête, et lorsque, dans les peintures
récentes surgit le rouge, il faut encore se
prémunir contre l'évidence, contre la
hâte.
En
effet, il n'y a pas de rupture. L'Oeuvre ne change pas de nature. Le
regard de l'artiste a changé de direction. Il
écoute et scrute une intériorité quasi
biologique, avec la même qualité, la
même permanrence. Le temps est binaire; la vie, sa vie
simplement.
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