Francis AURIAC

Ancien Directeur
du Theatre de Privas

 



 

 

 

A l'évidence, Champieux n'est pas un peintre abstrait. Seul un regard désinvolte et superficiel le laisserait croire et le rendez vous serait manqué.

Si la méprise peut exister, c'est parce que dès l'abord on est saisi par le mouvement emprisonné dans l'espace clos de la toile et qui pourtant la déborde, comme s'il parvenait là sous l'effet d'une mystérieuse force centripète.

Il y a la matière et la couleur de ces équilibres. Lorsque les ocres dominent, c'est de gangue dont il s'agit, protection grossière d'une gemme qui finit par se révéler dans son immobilité fragile. Le regard s'obstine sur l'équilibre apaisant de ce coeur pour ne pas reparttir dans le mouvement. Il y trouve la sérénité, la chaleur, la tendresse d'une palette qui caresse un corps. Il y a chez Champieux de l'intime, un érotisme aristocrate et altier. On s'y absorbe.

C'est une oeuvre que présente Champieux, parce qu'il est un artiste. Il nous entrîne dans les variations d'une même quête, et lorsque, dans les peintures récentes surgit le rouge, il faut encore se prémunir contre l'évidence, contre la hâte.

En effet, il n'y a pas de rupture. L'Oeuvre ne change pas de nature. Le regard de l'artiste a changé de direction. Il écoute et scrute une intériorité quasi biologique, avec la même qualité, la même permanrence. Le temps est binaire; la vie, sa vie simplement.