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Nouveaux lieux, signes nouveaux...
Champieux
a quitté récemment la France pour le Canada. Changement
d'échelle, d'horizon, de culture. Comment sa peinture s'est-elle
accommodée de cette nouvelle confrontation ?
De fait, vivre au loin génère une liberté. Les vastes espaces
du nord de l'Amérique ont certainement accentué cette impression
: la peinture de Champieux a gagné en dépouillement, en
spontanéité. On y sent parfois l'épaisseur de la neige,
le silence à perte de vue, la nature. La sensation d'espace
est ici primordiale, quelle que soit la taille des oeuvres.
L'artiste utilise dorénavant beaucoup de blanc, des teintes
plus douces, atténuées, comme assourdies. Le dessin moins
cerné rend la composition plus fluide et, paradoxalement,
plus perceptible la construction.
On y trouve, aussi, les traces d'une autre culture, des
signes qui, pour nous, évoquent l'indianité et ses traditions.
Rien d'étrange, pourtant, ni d'étranger, dans cette peinture.
On sent bien que Champieux, au Canada, comme en hollande
où il vient régulièrement, est capable de s'imprégner du
paysage pour le restituer dans sa structure même, abstrait,
transculturel, universel.
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